12 de fev. de 2008

Crônica de uma morte anunciada

Leitoras e leitores, fãs incondicionais de Rosa e seus enigmas (um pouco como eu mesmo?):
Alguém poderia me dizer quem foi que contactou o blogspot dizendo que estas informações são imprecisas? Está tudo devidamente registrado, em livros e cartas que consultei em quinze anos de pesquisa!

João Guimarães Rosa (depois passo tudo para o português, está bem?)

Abregé biobibliographique
(chronologie d’une mort annoncée)

1908 Le 27 juin, à Cordisburgo, un petit village rural de Minas Gerais, vient au monde le premier des six enfants de Mme Francisca et M. Florduardo Rosa, commerçant local. Le futur écrivain fera montre de beaucoup tenir à l’influence des astres et s’avouera très superstitieux, raison pour laquelle il serait intéressant de noter, en passant, son signe astrologique, le Cancer.
1918 L’enfant prodige, qui connaît déjà la langue française et les rudiments du hollandais, est transféré vers une école de Belo Horizonte, la Capitale de l’État de Minas Gerais.
1925 Entrée à la Faculté de Médecine. Pour étoffer ses moyens de survie, il écrit des contes et participe à des prix littéraires. Les contes primés sont publiés par le magazine O Cruzeiro.
1930 Conclusion du cours de Médecine. Mariage, en premières noces, avec Lygia Cabral Pena, dont sont nées Agnes et Vilma.
1933 Réussite au concours d’entrée au poste d’officier-médecin des Forces Publiques et apprentissage du russe et du japonais. A cette époque, avec son ami Geraldo França de Lima, il rêve déjà des solennités et des cérémonies de gala de l’Académie Brésilienne des Lettres (dont le prestige, à l’époque, équivalait, en France, à celui de la Légion d’Honneur, de l’Académie ou du Collège de France).
1934 Réussite brillante au très sélectif concours d’entrée en carrière diplomatique.
1936 Participation et Premier Prix de Poésie au concours de l’Académie Brésilienne des Lettres, avec le recueil Magma. Le recueil, renié, ne sera publié qu’en 1997.
1937 Avec Sagarana, participation et deuxième place au Prix Littéraire Humberto de Campos, organisé par l’éditeur José Olympio. Sagarana ne sera publié qu’une décennie plus tard.
1938 Poste de consul-adjoint à Hambourg, Allemagne.
1942 Poste de Secrétaire d’Ambassade à Bogota, Colombie.
1946 Nomination au poste de Chef de Cabinet du Ministre des Affaires Etrangères, à Rio, l’ancienne capitale du Brésil. Publication de Sagarana, recueil de contes qui reçoit le Prix Felipe d’Oliveira. Consécration littéraire. L’écrivain affirme avoir écrit certains contes en état de transe hypnotique.
1947 Dans un lettre à l’écrivain Vicente Guimarães, son oncle, Rosa annonce le début d’une “guerre littéraire”.
1948/51 Nommé Conseiller d’Ambassade à Paris, puis, encore une fois, Chef de Cabinet du Ministre.
1956 Publication de Corpo de Baile et Grande Sertão : Veredas (Diadorim). Ces volumes somment plus de 1.400 pages impeccables publiées dans une seule année. L’écrivain déclare qu’il a écrit son chef d’œuvre (Diadorim, son “autobiographie irrationnelle”) en trois jours et deux nuits, en état de possession, sans dormir. Ce roman reçoit trois grands prix littéraires.
1957 Rosa pose sa candidature à l’Académie, mais échoue au scrutin.
1958 Promotion au poste d’Ambassadeur, grâce au choix personnel de son ami Juscelino Kubistchek, Président de la République.
1961 Reçoit le Prix Machado de Assis, pour l’ensemble de son œuvre, octroyé par l’Académie. Publication de poèmes dans le journal O Globo, sous les pseudonymes anagrammatiques SOARES GUIAMAR, SÁ ARAÚJO SEGRIM et MEURISS ARAGÃO. Ces anagrammes deviennent autant de protocoles de lecture.
1962 Publication de Primeiras estórias.
1963 Rosa pose encore une fois sa candidature à l’Académie et rend visite aux académiciens, en franche campagne électorale. Elu à l’unanimité. Inexplicablement, il commence à ajourner, sine die, la cérémonie de réception à l’Académie. Lorsqu’il cherche à se justifier, il montre “une terreur enfantine dans ses yeux”, selon Augusto Meyer.
1964 Toujours réticent en ce qui concerne l’Académie si convoitée. Parution de traductions de ses œuvres dans plusieurs langues.
1965 Toujours hanté par l’Académie, d’une forme que personne ne comprend.
1966 Le romancier fixe, enfin, la date de la cérémonie à l’Académie. Le jour choisi sera le jeudi 16 novembre... 1967, à la fin de l’année suivante. Pour Emir Monegal, cette période sera vécue comme préparation au départ.
1967 Publication de Tutaméia, sorte de guide (hermétique et énigmatique) de lecture pour l’ensemble de l’œuvre, selon Assis Brasil. Peut-être une sorte de post-face définitif pour clore un cycle littéraire.
Rosa déclare à l’académicien Ivan Lins et à maintes autres reprises qu’il pourrait supporter la cérémonie de réception, mais qu’il craignait son lendemain. Il parle souvent à son médecin, Pedro Bloch, à propos de l’Académie. Il parle de son médecin à d’autres personnes, comme à Afonso Arinos. Il sème l’énigme.
Lundi, 13 novembre : Parution du livre de sa fille Vilma. Rosa n’y participe pas et en parle, très ému, à Geraldo França de Lima : “Je suis asphyxié, angoissé”.
Mardi, 14 novembre : Préparation austère pour la cérémonie, dont les étapes ont été soigneusement répétées. L’écrivain a les mains froides, il se montre en état de forte commotion, garde le silence et fait souvent le signe de la croix. Il rappelle à França de Lima les causeries rêveuses de 1933 au sujet du grand faste de l’Académie. Lima confirme, pour le grand bonheur de Rosa, la présence de l’ancien Président Juscelino Kubistchek.
Mercredi, 15 novembre : Le romancier dit avoir peur de défaillir, de pleurer, de ce que le cœur cesse de battre pendant la cérémonie : “L’Académie est trop pour moi”.
Jeudi, 16 novembre : Jour de la cérémonie. Le matin, “maigri, les vêtements trop larges”, il dit à Afonso Arinos que “la normalité est, à la fin, de l’animalité”. Le soir, il ne veut rien manger, il redoute d’enfiler le veston cérémoniel richement brodé de lauriers, il tremble, il pleure et fait des prières : “je n’arriverai pas à la fin de cette année”. Pendant son discours, d’une voix ferme, il parle fréquemment de la mort, et Arinos observe qu’il “pleure dans son for intérieur”. Rosa affirme que “les gens ne meurent pas, elles se font enchanter”.
Vendredi, 17 novembre : le matin, Rosa appelle Afonso Arinos pour remercier “exagérement tout ce que les académiciens avaient fait envers lui”.
Dimanche, 19 novembre : A dix heures du matin, Pedro Calmon observe que sa voix est alterée, mélancolique, Rosa donne l’impression d’un homme souffrant et, en “convocation à la postérité”, il invite Calmon à la lecture de son discours qui ne serait publié que beaucoup plus tard. En allemand, la langue de Faust, il fait ses adieux à la vie dans une dédicace posée sur un livre qu’il offre à sa deuxième épouse, Aracy. A huit heures du soir, selon Arinos, “les yeux démesurement ouverts, il a voulu parler, mais il ne pouvait plus le faire.” Rosa est désormais “enchanté”, il est devenu un mythe.

Sources bibliographiques :
COUTINHO, Eduardo de Faria (org.). Guimarães Rosa. Rio de Janeiro, Civilização Brasileira, 1983, 579 p.
GUIMARÃES, Vicente. Joãozito. Infância de João Guimarães Rosa. Rio de Janeiro, José Olympio ; Brasília, INL, 1972, 175 p.
ROSA, Vilma Guimarães. Relembramentos : João Guimarães Rosa, meu pai. Rio de Janeiro, Nova Fronteira, 1983, 457 p.
VV.AA. Em memória de Guimarães Rosa. Rio de janeiro, José Olympio, juin 1968, 255 p.

(La plupart des documents publiés dans ce volume ont été écrits sous le choc de la disparition innatendue, malgré les multiples avertissements au préalable du génial écrivain mineiro).

Um comentário:

Anônimo disse...
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